Punk attitude et philosophie
Né en 1962 à Casablanca, Ariel ne garde que quelques souvenirs de son enfance au Maroc. Après la vague anti-juive qui suit la guerre des Six Jours, les parents Wizman s'exilent en France, tandis que le reste de la famille prend le chemin d'Israël. Après un bref détour par l'Alsace,la famille choisit finalement de poser ses bagages dans une résidence-cité de l'Essonne, à Yerres...changement radical. Féru de littérature et lecteur boulimique dès son plus jeune âge, c'est cependant par la musique qu'Ariel aura sa première révélation. En voyant Johnny Rotten en 1977, il décide de tout quitter pour partir à Paris et devenir punk. Premières rencontres avec le milieu de la nuit parisienne. Une rencontre décisive avec un rabbin le fera entrer à l'École normale israélite orientale, où il sera l'élève d'Emmanuel Lévinas. Tout en continuant à fréquenter les nuits parisiennes, Ariel suit des études dignes des meilleurs élèves : hypokhâgne, études de philosophie à la Sorbonne... de quoi devenir un parfait professeur rangé. Mais ce n'est pas le chemin que suit ce curieux petit homme.
Dandysme et déconnade
A partir de 1985, il commence à rédiger ses premiers articles dans divers magazines, tels que « City », « 20 ans » ou « Vogue Homme ». Mais le vrai tournant commence après sa rencontre avec Édouard Baer lors d'une fête tzigane. De nombreux points communs les rapprochent, en particulier le goût pour la déconnade et les fêtes. C'est donc le début d'un duo et d'une émission radiophonique devenue culte, « la Grosse Boule », sur Radio Nova, entre 1992 et 1997. L'aventure du joyeux tandem se poursuit sur le petit écran à partir de 1994 dans « C'est pas le 20 heures » et « A la rencontre de divers aspects du monde contemporain », sur Canal Plus. Ariel Wizman est alors considéré comme le trublion des ondes et de la télévision. Un gai luron qui sait faire régner un mélange détonnant dans ses émissions : un joyeux bordel allié à un brin de provocation et d'impertinence. Parallèlement, il cultive son goût pour la musique, et devient l'un des DJ les plus en vue des soirées branchées. Il monte même un groupe,le Grand Popo Football Club, et sort un CD en 2000, Shampoo victims (sûrement pas une de ses plus grandes réussites). A la fin des années 90, le mariage bat de l'aile et la rupture avec Édouard Baer devient inévitable...C'est la fin d'une période.
Changement de cap
A l'entrée dans la quarantaine, Ariel Wizman serait-il en train de s'assagir ? Rechercherait-il une certaine respectabilité ? Premier signe de ce virage, il troque, pour un temps, la chaîne cryptée pour le vénérable service public, France 5 en l'occurrence, et co-anime avec Ruth Elkrief une émission dédiée au septième art, « Après la sortie ». Depuis la rentré 2002, il présente seul un autre magazine sur le cinéma, « Ciné Bus ». Dans ce dernier, il reçoit dans un bus comédiens et réalisateurs, tout en dévoilant les coulisses des productions cinématographiques. Pour certains, ce changement de cap marque aussi la fin de La grande époque Wizman. Du jeune homme sobre, drôle et déconneur, il serait passé au dandy débordant de faux sourires.
Mais cette réorientation de carrière nous dévoile aussi le talent journalistique d'Ariel Wizman, notamment àtravers ses documentaires. Il avait déjà exploré cette voie à l'été 2002 sur France 5 avec la série « Méditerranée(s) » dans laquelle il faisait voyager le téléspectateur d'Istanbul à Ibiza. De retour sur Canal Plus, il rejoint l'équipe de « Lundi investigation » et réalise, avec Valentine Gay, quatre documentaires pour la série « Histoires secrètes de... ». Au programme, entre autres, les dessous du patinage artistique et de la pop adolescente. Ariel Wizman se joue à montrer l'envers du décor, comme il l'avait fait il y a quelques temps pour Las Végas. Réalisation appliquée, documentation et rythme soutenu sont les principaux ingrédients de ces reportages qui montrent la face cachée, et peu présentable, de ces univers impitoyables. Derrière ce monde aseptisé, fait de paillettes et de sourires, se cache une réalité plus sombre dans laquelle se mélangent magouilles, dépression et scandales. Cette voie semblant prometteuse, il ne compte pas s'arrêter en si bon chemin.
À venir, des reportages sur les accidents du capitalisme (de l'Argentine à Vivendi) et les rapports entre DJ et pouvoir dans les pays dangereux, comme la Colombie (il a fait de multiples voyages en Amérique du Sud). Après avoir réussi derrière la caméra, notre touche-à-tout songe, en passionné de cinéma, à passer devant... La comédie, nouveau défi pour Ariel Wizman ? (Article de Laetitia Soudy extrait du magazine Ring)
En ce moment, vous pouvez voir Ariel sur Canal+ aux côtés de Stephane Bern, Muriel Cousin, Juliette Arnaud et l'étonnant Stephane Guillon à 20h10pétantes.
